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Les ressources [ Cliquer ici pour autres ressources sur Internet ] Les ressources en toxicomanie, en alcoolisme et autres dépendances sont des plus diversifiées et il peut s'avérer complexe de s'y retrouver. Sans répertorier chacune des ressources existant au Québec, nous croyons important de vous donner quelques pistes afin d'éclairer votre choix dans ce labyrinthe de philosophies et d'approches thérapeutiques. Nous recommandons avant tout la prudence dans le choix d'une ressource : le charlatanisme abonde dans ce domaine où tout un chacun peut s'improviser thérapeute. On doit privilégier les endroits où le professionnalisme est mis de l'avant. Beaucoup de cures de désintoxication nécessitent un suivi médical et une aide psychologique ou psychosociale. Il est donc primordial de contacter des maisons de traitement qui offrent ces services. Les maisons les plus crédibles sont en général constituées d'équipes multidisciplinaires, c'est-à-dire d’une équipe d'ex-toxicomanes ou d'ex-alcooliques qui, en plus d'une formation en toxicomanie, ont du «vécu», et d’une équipe de professionnels de la santé. Nous avons pu constater à travers des visites dans des centres de traitement tant aux États-Unis qu'en Europe que l'équipe multidisciplinaire telle que précitée est la formule reconnue comme la plus efficace au niveau des chances de réussite thérapeutique. |
Le traitement de l'alcoolisme et de la toxicomanie
Le sevrage
La réhabilitation : un long processus
Après la désintoxication, l'individu doit faire face à la réalité : vivre sans la substance. Il ne faut jamais perdre de vue que la toxicomanie n'est pas le véritable problème, mais bien un symptôme. Une des propriétés des substances psychotropes est qu'elle empêche l'individu de sentir ses émotions : les toxicomanes définissent cet état par l'expression «être gelé». L'individu qui cesse sa consommation devient plus lucide, plus conscient ; il peut alors faire face à ses émotions et ainsi changer ses comportements.
À ce stade du cheminement, l'aide professionnelle est importante. Sans dénigrer les programmes de réhabilitation en 12 étapes qui sont très valables, on doit néanmoins mentionner qu'ils ont des limites et qu'il peut être salutaire pour un individu de consulter un professionnel en toxicomanie ou alcoolisme. Il est fréquent que l'individu toxicomane refuse de voir les éléments qui constituent sa souffrance (ex. : inceste, abus de toutes sortes, abandon) et à et à cause desquels il retournait inexorablement consommer. En diminuant sa souffrance psychologique par l'entremise d'une psychothérapie et en accumulant du temps de sobriété, l'individu n'a plus la nécessité d'avoir recours à la substance pour apaiser ses souffrances.
La rechute
La rechute n'est pas souhaitable, mais elle peut faire partie du processus de rétablissement. On dit de la dépendance qu'elle est une maladie progressive : si l'alcoolique arrête de boire, la maladie arrête de progresser et est en rémission. Cependant, s'il se remet à consommer, il se retrouve au même point que le jour où il a décidé d'arrêter de boire, et la maladie recommence sa progression.
Une rechute ne doit pas être source de culpabilité étouffante : on doit la considérer comme une expérience de cheminement. Toute période de sobriété, même entrecoupée de rechutes ponctuelles, a de la valeur. On doit plutôt s'arrêter sur les raisons qui vont faire reconsommer l'individu, identifier les facteurs de stress menant à la consommation, les circonstances à éviter, le style de vie à réviser lors des périodes d'abstinence, les gens fréquentés, etc.
On doit aussi éviter un autre piège, la griserie mentale, que les AA appellent ivresse mentale. Cet état fait en sorte que l'individu qui n'a pas consommé se sent comme s'il avait consommé : son esprit est occupé par les mêmes idées et les mêmes obsessions que lorsqu'il consommait.
Le boire contrôlé : un concept
Il y a plusieurs écoles de pensée relativement au concept du boire contrôlé. Nous ne prônons pas ce concept pour un dépendant chronique, pas plus que nous ne croyons qu'un alcoolique boit parce qu'il a des problèmes émotionnels. En effet, son voisin, par exemple, peut lui aussi vivre des problèmes émotifs et ne pas avoir recours à l'alcool pour les solutionner. Un alcoolique boit parce qu'il a soif et qu'une seule bière n'est pas suffisante pour étancher sa soif. Les problèmes émotionnels sont des facteurs sous-jacents et doivent être considérés comme tels.
Nous croyons qu'un alcoolique chronique qui opte pour le boire contrôlé investira toute son énergie à contrôler sa consommation plutôt qu'à changer ses comportements. En résumé, ce n'est pas parce qu'on est un alcoolique qui se contrôle qu'on est moins alcoolique pour autant.
Les communautés thérapeutiques
Au Québec, les mouvements anonymes d'entraide sont très nombreux et majoritaires. Nous vous laissons juger par vous-mêmes en vous faisant la nomenclature de ces principales communautés :
Plusieurs de ces communautés ont vu le jour dans le sillon du mouvement Alcooliques Anonymes. Elles ont répondu à un besoin ponctuel dans le temps ; par exemple, Cocaïnomanes Anonymes a été fondé suite à la montée croissante de l'usage de la cocaïne. Ces communautés proposent un programme en 12 étapes dont le principe fondamental est que l'individu doit admettre son impuissance devant la «substance» et qu'il a perdu la maîtrise de sa vie. Il doit confier sa volonté, ses déficiences, à une puissance supérieure, telle qu'il la conçoit. De plus, ces programmes ont tous une dimension de «travail sur soi » dont, entre autres, reconnaître ses torts, les admettre, s'amender, faire un inventaire moral et minutieux de soi-même. Après avoir été aidé, l'individu aidera à son tour un autre individu à se rétablir.
Le phénomène d'identification est très important, c'est-à-dire qu'il est préférable pour un alcoolique de fréquenter Alcooliques Anonymes pour entendre un langage et un discours propres à l'alcool ou pour un cocaïnomane d'aller chez Cocaïnomanes Anonymes pour un discours propre à la cocaïne, et ainsi de suite. Nous croyons fermement à la puissance du groupe qui peut faire déclencher chez l'individu des éléments psychologiques et comportementaux ainsi que des prises de conscience souvent inespérées. La valeur thérapeutique d'une personne touchée par une problématique et sa capacité d'en aider une autre sont des éléments considérables.
Les conjoints ont aussi accès à leurs propres ressources. Chacun des mouvements anonymes a son pendant pour les conjoints et les familles, comme par exemple Al-Anon pour ceux dont le conjoint a une dépendance à l'alcool, Sex-Anon pour ceux dont le conjoint a une dépendance au sexe.
Il est fortement recommandé que le conjoint de la personne dépendante fasse une démarche personnelle. Ceci lui permettra de comprendre la maladie de son conjoint, d’apprendre comment agir avec ce dernier, d’apprendre à éviter d'être moralisateur, et surtout d’apprendre à ne plus être victime de la manipulation de la personne dépendante.
La dépendance est une maladie. Il est illusoire pour un conjoint de croire qu'avec son amour, il sauvera la personne dépendante. Mentionnons que le conjoint a parfois certains avantages à ce que le dépendant fasse une rechute : il peut ainsi exercer, consciemment ou non, un contrôle sur l'individu dépendant ou lui faire comprendre une fois de plus la nécessité d'arrêter sa consommation.
par
Jean-Pierre Rochon M. Sc., psychologue
courriel : rochon@psynternaute.com
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